Introduction au Soufisme

Le Soufisme, cœur de l’Islam

L’attitude de base de l’Islam est la soumission à la Toute Puissance de Dieu.

L’Islam, comme beaucoup de religions, possède un aspect extérieur (celui de la loi révélée qui s’occupe de l’observance des rites et des actes de dévotion) et un aspect intérieur (celui par lequel le croyant purifie son coeur afin de retrouver l’état d’unité avec Dieu). Ce dernier s’exprime à travers le Soufisme.

Le soufisme se présente comme une suite d’expériences personnelles tendant à dévoiler l’unité de l’être et de la réalité ultime, à accéder à la conscience de cette réalité.

Le Soufisme en Islam rejoint les voies de réalisation des autres grandes traditions: Hindouisme, Taoisme, Judaïsme, Chrétienté ou Bouddhisme.

En Islam le Soufisme est donc la voie qui conduit de l’individuel à l’Universel. Il s’appuie en outre sur une pratique religieuse exotérique.

La méthode du Soufisme

C’est essentiellement une initiation comprenant une méthode. Cette dernière s’effectue grâce à la présence d’un guide représentant le dernier maillon de la Chaîne des Maîtres qui remonte jusqu’au Prophète Mohammed (Paix et Bénédiction sur lui) dont il est l’héritier spirituel.

Il existe donc une série d’exercices de purification du coeur et de l’âme afin d’accueillir les lumières de la connaissance éternelle .

La méthode transmise par les Maîtres successifs de la Chaîne depuis son origine est actualisée et adaptée à chaque disciple par le Maître contemporain de l’Ordre.

Le but de cette méthode de réalisation pratique, est l’affranchissement des conditions limitatives de l’ego. Par laquelle le disciple devra prendre conscience de sa dépendance et de sa soumission aux influences de ses désirs, de ses humeurs, et des circonstances. Une fois l’ego sous son contrôle, il devient possible de lever les voiles qui nous séparent de la Vérité absolue.

C’est à partir du XIIème siècles sous l’influence de Al Hamadani et de Abdal Khalid el Ghudjuwani que fut créer un ordre du nom des « Maîtres de Sagesse ».

Abdal Khalid est selon la tradition l’un des premiers à introduire la pratique de la « prière du coeur » dans son enseignement initiatique.

Les Principes de l’Ordre Soufi Naqshbandi

Dans son exercice le soufisme est en réalité ni un rituel ni un savoir temporel mais plus une disposition et une attitude, ainsi le célèbre Maître de Sagesse consigna dans un document un modèle de comportement à l’attention du chercheur de Vérité composé de 8 règles essentielles qui se déclinent comme suit:

  1. Soit présent à chaque souffle, respire consciemment. Ne laisse pas ton attention s’égarer, ne serait ce que le temps d’un soupir. Rappelles toi de toi même en toute situation.
  2. Évite les faux pas. Garde présent à l’esprit le but que tu t’es fixé à chacun de tes pas. N’oublie jamais que ton désir c’est la liberté.
  3. Tu voyage vers chez toi. N’oublie pas que tu quittes le monde des apparences pour aller vers le monde de la réalité.
  4. La solitude dans la foule. Dans toute tes activités garde ta liberté intérieure. Apprends à ne pas t’identifier à quoique ce soit. Sois extérieurement avec les gens et intérieurement avec Dieu. Sois capable d’entrer pleinement dans la vie du monde extérieur sans jamais perdre ta propre liberté.
  5. N’oublie jamais ton Ami, c’est à dire « Dieu ». Que la prière de ta langue devienne la prière de ton coeur.
  6. Retourne à Dieu. N’aie d’autre but que d’atteindre la réalité.
  7. Sois vigilant. Écarte toutes pensées et images étrangères. Concentre toi sur ton activité extérieure et intérieure. Apprends à retirer ton attention des images indésirables.
  8. Souviens toi. Sois toujours conscient de la qualité de la présence divine. Habitue toi à reconnaître la présence de Dieu dans ton coeur. Ces sages ont pour Maître absolu Dieu et le Prophète (Paix et Bénédiction sur lui) qui est Son Envoyé dans le monde, ils conseillent les gouvernements, protègent les arts et les lettres et s’accordent avec les prêtres chrétiens et les moines bouddhistes.

Les Maîtres de l’Ordre Naqshbandi

Ces confréries agissent dans la discrétion et ne se manifestèrent au grand jour qu’à partir du XIVeme siècle avec le Maître Bahahud’in Naqshband qui donna son nom à la confrérie.

Né en 1340 à Qasri Arifaan Bahahud’in Naqshband se rattache à ceux que l’on appelle les « Maîtres de Sagesse ».

Il est un Saint, et a enrichi la tradition en complétant la sagesse par sa mise en place et son expression pratique. Dès son plus jeune age Bahahud’in fait preuve de dons de guérison et de clairvoyance.

L’un des objectifs remarquables de la confrérie qu’il a creé et qui porte encore son nom, la Naqshbandia outre l’éducation spirituelle, elle est, paix et harmonie dans le monde.

Son role est politique et même économique, la confrérie fit éclore des techniques nouvelles d’agriculture qui apportèrent joie et richesses. Aujourd’hui encore ces techniques portent les même fruits.

La très distinguée confrérie Soufi Naqshbandia enseigne l’amour de toutes les créatures de Dieu quelqu’elles soient, sans distinction de race ou de religion.

Sa pratique principale est celle de la « prière du coeur ».

Les Naqshbandis rappellent que Dieu dit dans le Saint Coran « Nous avons honoré tous les fils d’Adam ». Ils prônent un chemin de paix et de vérité.

Les Naqshsbandis sont présents dans presque tous les pays du monde. La confrérie est présente et active en Chine, dans l’ex URSS, dans l’Asie Centrale et du Sud-Est, elle se développe rapidement aux USA et dans la communauté Européenne.

La chaine d’Or des Maîtres de la confrérie Naqshbandia remonte au sceau du prophète lui même Muhammad Mustapha (Paix et Bénédiction sur lui), puis le premier disciple du prophète Abu Bakr, le onzième d’entre eux fut Abdal Khalid el Ghudjuwani cité précédemment, le dix septième est Bahahud’in Naqshbandi qui donna son nom à la confrérie jusqu’au quarantième-et-unième Maitre, notre contemporain Mawlana Sheikh Mehmet Adil Al Haqqani, fils de notre regretté Sheikh Nâzim al Haqqânî al Qubrusi.

Sheikh Nâzim al Haqqânî al Qubrusi est né à Lacarna dans l’ile de Chypre. Il est diplômé de la faculté de chimie de l’université d’Istambul. A l’âge de 24 ans il reçoit l’appel spirituel du Grand Shaikh Abdullah Daghestani. Il le retrouve à Damas et reste son disciple jusqu’à sa disparition en 1972. Shaikh Nâzim al Haqqânî parle couramment quatre langues: l’anglais, l’arabe, le turc et le grec.

Auteur de nombreux ouvrages et traités sur l’Islam et sur la spiritualité il est également le conseiller du Roi de Malaisie, du Sultan de Brunei, du Président du Sri Lanka et de Chypre et de nombreux ministres de Turquie et du Pakistan.

Dernièrement, son Altesse le Prince Charles d’Angleterre lui a donné son soutien et s’est proposé d’inaugurer en 1995 l’Université de sagesse Islamique, situé à Londres, que le sultan de Bruneï a offert à la confrérie. Pendant le mois de Ramadan le Shaikh rassemble les disciples de 72 pays dans la cité londonienne.

Sheikh Mehmet a succédé à son père Sheikh Nâzim après la mort de ce dernier le 7 mai 2014. Sa Sainteté est donc l’héritier de l’enseignement originel du Prophète (Paix et Bénédiction sur lui) à travers la longue Chaine initiatique des Maîtres de la confrérie Naqshbandia, par tradition conseillers des Sultans et autres dirigeants du monde oriental.

L’indiscutable autorité de sa charge est donc une chance unique de comprendre les aspirations des musulmans du monde entier et de connaitre l’histoire du monde islamique tant d’un point de vue politique que social. Sa Sainteté est ouvert au monde d’aujourd’hui, ses moyens d’expression, ses tendances et ses conflits.

Face au contexte actuel des mouvements fondamentalistes dit « intégristes », Sheikh Mehmet, Maître de la confrérie Naqshbandia est disposé à informer, témoigner et enseigner l’Islam universel dont les principes devraient être compris et relayés par les médias et les politiques afin d’être connus du public et favoriser la paix sociale.